Art Culture Société

La planète micro, macro. Les intérêts ciblés, Caraïbes, Amériques, Europe, de temps à autres, le monde, dans la mesure ou l'intérêt des lecteurs s'y attardent. Écrivez-nous! Vos commentaires sur eChasimbi.blogspot.com

Nombre total de pages vues

mercredi, mai 14, 2008

Évènements sur Paris0Haïti dans le monde)eChasimbi






ALT="Google" align="absmiddle">







A l'occasion de la Journée Internationale contre l'homophobie

Amnesty Paris organise une projection-débat sur l'homophobie aux Antilles

17 mai 2008 à 19h

Projection de:

"Des hommes et des dieux" d'Anne Lescot


La projection sera suivie d'un débat avec:

Anne Lescot, réalisatrice du documentaire
Jean-Louis Rougeron, Responsable Commission LGBT Amnesty International France
Jacques Lizé, Président de Sos homophobie
David Auerbach Chiffrin Président de Tjenberede
Louis Georges Tin, Porte-parole du Cran
Gilles Bon Maury, Président d’Homosexualité Et Socialisme (HES)


Lieu: Amnesty International France, 72 - 76 bd de la Villette, 75019 Paris.
Métro: Colonel Fabien ou Belleville
Tél (33) + 01 53 38 65 65

P.J. : Le communiqué de Presse

http://www.homophobie.org/

jeudi, avril 24, 2008

En Direct de Port-au-Prince (Le Nouvelliste)






ALT="Google" align="absmiddle">








Le Nouvelliste, Port-au-Prince, 15 avril 2008
Sara Rénélik chante ses racines!


A l'occasion de la reprise des manifestations culturelles marquant la 3e édition du festival CulturElles, environ 300 spectateurs se sont massés, le lundi 14 avril 2008, dans les jardins de l'Institut français d'Haïti (IFH), pour délecter des créations de femme. La musique, la danse, la peinture, l'installation, la paillette et la caustique* étaient au rendez-vous.




La voix envoûtante de Sara Rénélik et les éblouissantes créations de Evelyne Etienne-Alcide, Mireille Délice, Evelyne Benoit, Lydia Palais, Pascale Monnin et Sergine André ont épaté les curieux venus explorer les talents de ces artistes. Si l'on a mis du temps pour se rendre à ce spectacle, il a fallu davantage pour vider les lieux. A la fin du spectacle, Paul-Elie Lévy, directeur de l'IFH, a dû réclamer trois chants de plus.

Le rêve, l'amour et l'espoir que prêche Sara à travers ses chansons, l'expression de son corps et ses dires - quand elle s'arrête pour parler au public - ont été captivants. Les rythmes pop, folk-rock et soul et l'urbain naïf (un nouveau style musical inauguré par l'artiste) utilisés ont entraîné les assistants dans l'ambiance. Ils applaudissaient à tout bout de champ. Après chaque interprétation, certains fans faisaient résonner le nom de « Sara » pour exprimer leur contentement.

L'amour viscéral de la chorégraphe pour ses racines haïtiennes transparaît dans ses oeuvres. Sur la scène, fière et plutôt sûre d'elle-même, elle n'a pas manqué d'inviter et/ou d'encourager les gens, les jeunes en particulier, à s'identifier à leurs origines. Pour ce faire, elle propose, entre autres, les artistes, les écrivains et les musiciens comme guides pouvant les conduire dans cette quête identitaire.

« C'est très important de reconnaître d'où l'on vient, sinon l'on ne saura pas où l'on va », clame haut et fort la petite fille de la feue chanteuse haïtienne Marie-Clotilde Bissainthe. Selon elle, les productions artistiques et culturelles doivent refléter nos souches historiques qui sont des éléments fondamentaux dans la connaissance et la compréhension de notre réalité.

Elle s'inspire des productions de Manno Charlemagne, Beethova Obas et Emmeline Michel. De sa grand-mère (Toto Bissainthe), elle hérite la théâtralité de ses interprétations et de ses compositions et de Tabou Combo son énergie. Des textes créoles enrichissent son répertoire. L'extrait suivant a été l'une des chansons à succès du spectacle :
« M pral fè yon rasanbleman
Pou m konnen sa k rive fanmi m yo
Anye wo.
Ayiti se manman libète
Si l tonbe la leve .»

« CulturElles », dans une perspective historique, moderne et internationale, est non seulement une possibilité d'émancipation de la femme, mais aussi une opportunité offerte à la gent féminine de faire valoir son talent dans le domaine de l'art et de la culture. C'est aussi une alternative de promotion des valeurs féminines du terroir, et enfin la projection d'une image plus positive d'Haïti sur la scène mondiale.

*Caustique : en optique et en mathématique, une caustique désigne l'enveloppe des rayons lumineux subissant une réflexion ou une réfraction sur une surface ou une courbe.

Rébecca S. Cadeau
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=56499&PubDate=2008-04-23
N.B.: L'Erreur glissée au sein de l'article à l'effet que Sara Rénélik est la petite fille de Toto Bissainthe a été relatée à l'auteur de cet article.

dimanche, avril 13, 2008

Sara Rénélik au Festival CulturElles






ALT="Google" align="absmiddle">







Après une interruption due aux événements survenus dans le pays, le festival CulturElles reprendra ses activités lundi 14 avril.

jeudi, avril 03, 2008

Liste de livres






ALT="Google" align="absmiddle">








Numéros Descriptions Auteurs Prix
2-89454-027-2 À corps et à cris Aimée Dandois 12,95
2-89454-172-4 À Micro fermé Clarens Renois 30,00
2-922754-02-2 Aïxa Castillo de arena Florence Bolté Mentale 18,60
2-89454-137-6 Àmes à nu Louis Bernard Antoine 20,00
2-89454-006-X Artistes immigrants, sté québécoise Juan Carlos Aguirre 14,95
2-89454-175-9 Au bord de la falaise Gérard Étienne 20,00
2-89454-147-3 Au coeur de l'anorexie Gérard Étienne 15,00
2-89454-096-5 Au naturel, Regnor C.Bernard Joseph J.Ferdinand 30,00
Au limite de la mémoire à paraître CIDIHCA ET HAÏTI TRIBUNE -
2-920862-82-0 Balafres Marie-Célie Agnant 15,00
023 Byen konte mal kalkilè Koleksyon Sanmba- Créole 5,00
2-89454-187-2 Cinéma et la littérature du Burkina Faso Jean Ouédraogo 30,00
2-9805796-1-0 Compère Jacques Soleil Collectif 10,00
2-923480-01-5 Crises démocratique en Amérique Latine à paraître Mauricio R. Alfaro _
2-89454-067-1 Cuba libre Lilian Devieux 15,00
1-894845-00-5 De Bersimis à la Baie James Éditions Papyruz de J-M Grenier 15,00
2-89454-173-2 Dernier Appel Jean-Marie Bourjolly 20,00
2-89454-164-3 Deux siècles de luttes & d'espoirs Collectif 15,00
2-89454-065-5 Double choc pour Mélanie Marie Soeurette Mathieu 10,00
2-89454-056-6 Erzulie loves Shango Max Dorsinville 15,00
2-89454-181-3 Évasion Jan J. Dominique 15,00
2-920639-95-1 Éveil et conquête, 2ème édition Khada Lumunba 10,00
2-920862-95-2 Faits divers, Lenous Suprice Lenous Surprice 14,50
2-89454-132-3 Fleurs de murailles Janine Tavernier 20,00
2-894545-177-5 Flore Haïtienne Dr. Aliette Honorat Moisset 40,00
2-89454-135-X Foreign shores Marie Hélène Laforest 15,00
2-89454138-4 Gobernadores del rocìo Jacques Roumain 15,00
2-920862-83-9 Haïti : L'inéductable retour Paul Dejean 26,95
2-920862-53-7 Haïti et l'après Duvalier Tome I Cary Hector & Hérard Jadotte 30,00
2-920862-53-72 Haïti et l'après Duvalier, Tome II Cary Hector & Hérard Jadotte 30,00
2-920862-74-X Haïti un an après le coup d'état Jean bertrand Aristide 15,00
2-89454-160-0 Haïti, un diamant dans la boue ? Charles Joseph Charles 25,00
2-89454-047-7 Haïti: l'invasion des ONG Sauveur Pierre Étienne 35,00
2-89454-044-2 Haitiana 1991-1995 Max Manigat 26,00
2-89454-162-7 Heya…danse! Zab Maboungou 20,00
2-89454-171-6 Il faut que les choses changent Webster Pierre 30,00
2-89454-091-4 Inventaire de fin de siècle Jean L. Prophète 15,00
2-89454-007-8 James Wait et les lunettes noires Max Dorsinville 14,95
2-920862-790 Jistis,,,murs peints d' Haïti Mireille Nicolas 39,45
2-89454-060-4 Joujou, amie du vent Joujou Turenne - Collection Enfant 15,00
2-89454-182-1 La boîte noire suivi de Départs Stéphane MARTELLY 18,00
2-89454-075-2 La bourgeoisie nationale Alix Lamaute 15,00
2-89454-150-3 La croix et la bannière Claude Moïse 20,00
2-89454-061-2 La dernière goutte de l'homme Jean Claude Fignolé 15,00
2-89454-184-8 La desenchantée Maire Michèle Voltaire Marcelin 15,00
2-89091-176-4 La dot de Sarah Marie Célie Agnant 20,00
2-89454-136-8 La Gaguère Jean François Chalut & Raymond Succar 30,00
2-89454-151-1 La musique et ma vie Gold Smith Dorval 30,00
2-922528-20-0 La nuit démasqué Stanley Péan 19,95
2-920862-64-2 La presse sous la mitraille Agence de Presse Haïtienne 15,00
2-89454-054-X La républiques-Pièce en trois actes Frantz Antoine Leconte 15,00
2-89454-143-0 L'Amérique tragédie d'un empire Martine 10,00
2-920862-15-4 Land of Hunchbacks Marian Shaw 25,00
2-89454-189-9 L'avenir en face Jerry Tardieu 30,00
2-920862-11-1 Le baiser & autres altérations Jorge Timossi 15,00
2-920862-60-x Le créole haïtien : variation & proaodie Mireille Milfort de ariza 10,00
2-89454-078-7 Le pouvoir législatif dans le système colonial Claude Moïse 25,00
2-89454-073-6 Le singe du dormeur Syto Cavé 15,00
2-920862-56-1 L'échappée vers l'ouest Micheline de Sève 15,00
2-89454-188-0 L'enfant d'une race de deux peuples, de deux iles Richard Nicol 20,00
2-89454-198-8 Les blessures du soleil Jean Norgaisse 20,00
2-89454-179-1 Les campêches de versailles Jean Robert Léonidas 20,00
2-89454-196-1 Les chevaux de bois Roger Edmond 20,00
2-89454-155-4 Les Géants 1804 Rodrigue François 15,00
2-89454-195-3 Les grandes chevauchées Marie Andrée Pressoir 25,00
2-89454-148-1 Les Harmoniques du mensonge Charles Erick Augustin 20,00
2-920862-11-1 L'explosion de 1946 Frantz Voltaire 40,00
2-920562-99-5 L'homme de glace Jean Morriset 17,95
2-89454-117-1 L'humanité et son avenir Yvon Provençal 19,95
020 Mache chèche pa janm domi san soupe Koleksyon Sanmba- Créole 5,00
2-89091-232-9 Mémoire d'une Amnésique Jan. J Dominique 20,00
2-89454-045-0 Mémoire oubliée Haïti 1991-1995 Cécil Marotte, Hervé Rakoto Razafimbahiny 24,00
025 Mizè yon ti bourik Koleksyon Sanmba- Créole 5,00
2-920862-06-5 Négrier d'eux mêmes Jean-Claude Icart 12,00
2-920862-81-2 Névrose vétéro-Testamentaire Jean bertrand Aristide 15,00
2-920862-98-7 Nom de code: Mao Edouard Anglade 25,00
2-920862-80-4 Of rice and blood Paul Anvers 13,99
2-89454-132-5 Où va le Québec Ghila Sroka 19,95
2-89454-194-5 Pawòl Nèg Frantz Toto Lofficial 20,00
2-89454-809-4 Poèmes de la terre pénible Jean Richard Laforest 21,95
2-89454-167-8 Port-au-Prince au cours des ans T 2 en réédition George Corvington 60,00
2-89454-166-X Port-au-Prince au cours des ans-T-1 George Corvington 40,00
2-920862-97-9 Prétendus Créolismes; le couteau dans l'igname Jean Robert Léonidas 20,00
2-8945-109-0 Repensar el socialismo Fernando Martìnez 19,95
2-89454-140-6 SAINT-MARC je m'en souviens Emmanuel Pierre Paul 15,00
2-89454-1740-0 Sang des mots Aimée Dandois Paradis 15,00
2-89454-082-5 Si loin de Cyprès Léliane Young 14,50
2-89454-017-5 Sortir de Marasme Franz Douyon 21,95
2-89454-087-6 Système colonial et problème d'alimentation Vertus Saint Louis 30,00
2-89454-083-3 Tambour battant Maurice Cadet 14,50
2-920862-01-4 The words of a philanthropist Jerry Alexandre 15,00
2-920862-84-7 Transhumance Henry Saint Fleur 15,00
2-89454-190-2 Tribunal des grands vent Tome-III Roland Paret 30,00
2-89454-050-7 Une ceinture de sauvetage pour Haïti Rodney Saint-Éloi 10,00
0-9689573-0-7 Why my Tears my drop Jerry Alexandre 15,00
021 Yon cheval blan san parèy Collection Enfant - Créole 5,00
024 Yon ti kabrit mèg mèg Collection Enfant - Créole 5,00
022 Zafira man Zafira ak mètres lasirèn Koleksyon Sanmba- Créole 5,00
018 Zanfan-Journal des enfants / N- 2 Collection Enfant - Créole 2,50
017 Zanfan-Journal des enfants / N- 3 Collection Enfant - Créole 2,50
019 Zanfan-Journal des enfants / N- 4 Collection Enfant - Créole 2,50

vendredi, mars 28, 2008

Évènement






ALT="Google" align="absmiddle">







Monsieur/ Madame,





Le CIDIHCA (Centre International de Documentation et d'Information Haïtienne, Caribéenne et Afro- Canadienne), vous invite au lancement de l'extension de son site web consacré à l'intégration de la communauté Haïtienne au Canada le dimanche 30 Mars 2008 de 7 :00- pm à 9 :00 pm au Café Délima.



Café Délima
6409 St-Hubert coin Beaubien

Métro Beaubien







ENTRÉE GRATUITE



Contact: Sarah Godefroy au (514)845-0880 ou (514) 814-8017. sarah.godefroy@gmail.com

mardi, mars 11, 2008










Google







 
























ALT="Google" align="absmiddle">







dimanche, mars 09, 2008






ALT="Google" align="absmiddle">

















Google





 





















dimanche, février 17, 2008

Art Littérature (eChasimbi)






ALT="Google" align="absmiddle">






Louis-Philippe Dalembert présentera

le samedi 23 février 2008, de 18 à 20h

Histoires d’amour impossibles… ou presque

Librairie Anibwe : Quartier Montorgueil, 52 rue Greneta 75002 Paris.
M° : Réaumur/Sébastopol, Sentier, Les Halles ou Etienne Marcel.
Tél./Fax : 01 45 08 48 33. Entrée libre.


Histoires d'amour impossibles... ou presque esquisse des portraits d'hommes et de femmes qui se sont parfois aimés puis séparés. Parfois ils se sont frôlés sans se toucher. Et depuis ils traversent la vie avec, dans le regard, la mélancolie de cette rencontre manquée.
Ces histoires disent aussi des amours interdites, que trahissent par moments des fantasmes... ou des désirs confondus avec la réalité. Quand elles ne sont pas contrariées par la marche cruelle de l’Histoire, ou qu’elles ne se sacrifient au nom d’une cause jugée supérieure. Ainsi la nouvelle intitulée « Liens de sang », dédiée à la mémoire de Tony Bloncourt. Ce résistant haïtien d’origine guadeloupéenne n’avait que 20 ans quand il fut arrêté, avec six autres jeunes, par la police vichyste et livré à l’occupant allemand. Il sera fusillé au Mont-Valérien, à l’ouest de Paris, le 9 mars 1942.
Néanmoins ces histoires ne manquent ni de légèreté ni d’humour. C’est le cas pour « L'homme qui attendait d'être aimé », ou « Dialogue par-dessus l'Atlantique » aux voix brouillées par la distance et le décalage horaire.

Avec ce nouveau livre, Dalembert nous offre des histoires succulentes, d’un érotisme plein de pudeur, qui vont de l’apprentissage amoureux à la déception revancharde en passant par les rêves d’amour éternel. Histoires d'impossible amour, peut-être. Mais dans ce jeu de dupes que le « presque » du titre atténue, il reviendra au lecteur de trancher...

Louis-Philippe Dalembert est né à Port-au-Prince, Haïti. Ancien pensionnaire de la Villa Médicis à Rome, il a reçu notamment le Prix Casa de las Américas 2008 pour Les dieux voyagent la nuit, le Prix RFO du livre et la bourse Poncetton de la Société des Gens de lettres pour L’Autre Face de la mer. Ses livres sont traduits en plusieurs langues, dont l’espagnol, l’italien, l’allemand, le portugais, le danois, l’anglais...

Louis-Philippe Dalembert, Histoires d'amour impossibles... ou presque, éditions du Rocher, 220 p., 18 €.
______________________________________________________________________________________________
Le Collectif 2004 Images pour la promotion de la culture haïtienne
www.collectif2004images.org
www.dailymotion.com/HAITIENDOC

Aucun message sélectionné
Cliquez sur un message pour l'afficher dans le volet de lecture. Les pièces jointes, les images et les liens envoyés par des expéditeurs inconnus sont bloqués pour des raisons de confidentialité et de sécurité.

Pour afficher les messages automatiquement lorsque vous sélectionnez un dossier, modifiez les paramètres du volet de lecture.
1 message sélectionné
Autoriser | Bloquer


mercredi, janvier 30, 2008

Souverins anonymes






ALT="Google" align="absmiddle">







Souverains anonymes

Sara Rénélik

Chanteuse, danseuse et chorégraphe

Un supplément d'âme
qui dure trois heures





Bonjour Sara, je m’appelle Cuz.

Toi tu es née ici, moi je suis né là bas.
Ici c’est Montréal, Québec Canada.
Là bas c’est Port-au-Prince, Haïti, Perle des Antilles.

Plus précisément, je suis né à Fort Mercredi.
Aujourd’hui, nous sommes jeudi et je me sens fort en ta présence
tout en sachant que Dieu seul est le plus fort.

Quand je pense à Dieu, je pense à ma grand-mère,
femme de prière.

J’avais 13 ans quand je l’ai vu la dernière fois à Port-au-Prince.
Elle me manque.
Un jour, je retournerai dans mon pays juste pour la revoir.
Ma grand-mère est le seul bon souvenir qui me reste de mon pays.
Je sais que si Haïti est encore debout,
c’est grâce à des femmes comme ma grand-mère.

En écoutant ta chanson Femme, c’est à elle que j’ai pensé,
c’est à elle que je pense encore.
Je suis sûr qu’elle prie pour moi.
Moi je prie pour elle.

Avant d’arriver en prison, j’avais oublié un peu Dieu.
C’est entre les murs de ma cellule que je l’ai retrouvé.

Que je sois né ici ou à Fort mercredi,
Dieu est le plus fort, Dieu est partout, tout le temps.

Je n’ai pas de question à te poser,
juste un MERCI.
Merci de chanter. Merci de danser.
Merci de me sortir d’ici.

Cliquez et écoutez
- - - - - - - - - - - - - - -
Émission dédiée à la mémoire de
Jean Dominique
Journaliste et homme de radio
assassiné en avril 2000 à Port-au-Prince

Dédiée également à la mémoire de la grand-mère du Souverain Hinzo
- - - - - - - - - - - - - - -


www.souverains.qc.ca
www.myspace.com/souverains
Souverains anonymes

Sara Rénélik

Chanteuse, danseuse et chorégraphe

Un supplément d'âme
qui dure trois heures

dimanche, janvier 20, 2008

Art spectacle (Starmania)

Luc Plamondon se dit ravi de la version haïtienne de Starmania

LA PRESSE CANADIENNE

MONTREAL -- Luc Plamondon est ravi de la version haïtienne de
Starmania mise en place à Port-au-Prince et qui sera présentée à
Montréal à la fin de mars.

La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, charmée par la
prestation d'une troupe d'amateurs haïtiens qui interprétaient l'opéra
rock à Port-au-Prince en 2006, a entrepris des démarches pour qu'ils se
produisent sur la scène montréalaise de La Tohu, située en plein coeur
de la diaspora haïtienne. L'événement aura lieu du 26 au 29 mars.

En conférence de presse, mardi, Luc Plamondon a indiqué avoir été
bien intrigué, il y a un an, quand il a reçu une invitation à prendre le
thé de la part de la gouverneure générale qui lui a, pour ainsi dire,
passé une commande. Sous la pression de Mme Jean, il a obtenu sans peine
le soutien de Luck Mervil et des gens de La Tohu.

Le spectacle a nécessité une préparation d'une durée d'un an, pour
quatre représentations. Quatre autres sont sur le point de s'ajouter, à
Montréal, et Luc Plamondon souhaite que ça ne s'arrête pas là. Il
aimerait que le spectacle soit présenté en France, dans le cadre d'un
festival.

Créé il y a 30 ans, Starmania a été monté des centaines de fois par
des troupes d'amateurs. La version revisitée par Haïti en français avec
une touche de créole lui semble `très spéciale'.

FCRP10-ms 13:29ET 15-01-08





ALT="Google" align="absmiddle">







mardi, novembre 13, 2007

Musique Musiciens Poster

 
Posted by Picasa

Le Beau et le vrai






ALT="Google" align="absmiddle">








Télécharger la pièce jointe d'origine
Le beau et le vrai



La beauté, disent certains savants, est - lointain écho du « ce qui est beau est bon » des Grecs de l’Antiquité - un paramètre essentiel de la vérité d’un système. L’harmonie que dégage un ensemble relève de sa pertinence et non pas seulement du sentiment du beau qu’il dégage. Que la beauté soit un principe essentiel de la vérité, cela devrait se vérifier dans toutes les sciences ; elle devrait également se confirmer en histoire - que certains humoristes qualifient de science et d’autres, plus austères et plus réalistes, de fiction fonctionnelle déroulant le récit du monde et nécessaire au Pouvoir pour assurer sa domination. De la même façon que la mystique emprunte son vocabulaire à l’érotisme, la science emprunte, souvent, le sien à l’esthétique. Dans ce cas, l’histoire aurait le même rôle que la théologie, qui n’est pas un développement discursif, comme le prétendent son étymologie et ceux qu’elle dévergonde, mais seulement « une branche de la littérature fantastique ». La seule différence entre les Évangiles et le Don Quichotte, c’est que Cervantès n’obligeait pas, sous peine de damnation éternelle, ses lecteurs à croire à la réalité de ses moulins et ne les livrait pas à l’Inquisition.

Cependant, la beauté d’une proposition philosophique ou historique, engoncée dans son orgueil glacé, peut très bien vouloir se passer du monde, peut très bien ne renvoyer qu’à elle-même et trouver en elle-même seule sa justification. L’autoréférentiel, le rêve de tout artiste et de tout homme de pouvoir ! Quels magnifiques développements que certains récits ! On se rappelle les discours des dirigeants de l’Union Soviétique : inattaquables du point de vue de la logique ! Toutes les parties de ces discours se complétaient. Exactement comme la flèche de Zénon : il est évident que du point de vue de la démonstration logique pure, la flèche est immobile : et pourtant, la flèche se déplace ; qu’Achille court plus vite que la tortue, nous le savons, et nous avons l’intuition que le mouvement existe. Cependant le paradoxe de Zénon continue à défier toute négation logique.

L’Armée d’Haïti a voulu, tout au long de son existence, projeter une image héroïque. Cette image d’Épinal est la surface de l’Armée d’Haïti, son masque, le loup qu’elle s’ajuste sur le visage quand elle traîne ses sabres et ses bottes cirées à miroir sur les parquets des salons de la haute société haïtienne.

Les Évangiles sont certainement l’un des plus beaux textes qui existent, et il a nourri les esprits les plus hauts, les plus fraternels, les plus généreux. C’est l’un des textes fondateurs du vivre ensemble. Elle est sinon la base, du moins une composante vitale de l’humanisme et de l’éthique qui guident nos actes. Elle a provoqué la plus grande révolution que l’on connaisse.

La bourgeoisie a été porteuse de développement industriel, et elle a été le moteur de l’histoire moderne. Elle a fait la Grande Révolution Française qui a inventé les concepts de liberté, d’égalité, de fraternité.

Mais la beauté n’est pas le seul critère d’appréciation d’un système : sa conformité au réel en est un autre. L’équilibre des parties, leur disposition harmonieuse, leur intégration pour former un tout cohérent, oui, sans doute, cela est nécessaire à la vérité d’un système. Mais, hélas, il y a le réel. Quel dommage, le réel ! La vie de ceux qui se sont donné le rôle de mettre en récit les différents aspects de la mouvance haïtienne serait tellement plus agréable s’il n’y avait le réel, comme la vie des professeurs d’université serait tellement plus heureuse s’il n’y avait les étudiants…

Et le réel est têtu ! Il compte comme l’un des critères de vérification d’un système. Un système aura beau dérouler sa tapisserie magnifiquement tissée et bariolée, si les motifs de cette tapisserie ne sont pas conforme au réel, elle ne sera pas adoubée par la vérité.

C’est ainsi que la bourgeoisie haïtienne n’a jamais tenu son rôle : si jamais elle avait un rôle à jouer ! La grande ruse du Diable, dit-on, est de faire croire qu’il n’existe pas ; le tour de force de la bourgeoisie haïtienne est de faire croire qu’elle existe. La bourgeoisie haïtienne, depuis qu’elle prétend exister, n’a jamais œuvré pour la liberté, l’égalité, la fraternité. Beaucoup des malheurs d’Haïti viennent de ce que ses « bourgeois » n’ont jamais vraiment cru en ce pays. Ils n’ont jamais développé une culture bourgeoise proprement haïtienne. Un « bourgeois » haïtien, au milieu du siècle dernier, était pâmé de fierté quand un aristocrate anglais de passage à Port-au-Prince lui confia « qu’à part la couleur de votre peau, on se croirait à Londres, dans un salon de l’aristocratie anglaise ». Ce bourgeois haïtien ne connaissait pas l’humour anglais. Et il ne savait pas qu’au même moment, à l’autre bout du salon, près de l’embrasure d’une fenêtre, un planteur américain le toisait, qui venait de recevoir un compliment aussi prodigieux. « Je vois », dit son interlocuteur, « que vous admirez ce magnifique spécimen d’homme. Il a presque deux mètres. Et quel port !… » L’Américain répondit : « Oh ! Je me disais seulement qu’il eût fait un magnifique étalon pour mes négresses, dans mes plantations, dans le Sud. Il eût pu me produire de merveilleux négrillons qui deviendraient plus tard de bons ramasseurs de coton, rudes, travailleurs, résistants… »

L’Armée d’Haïti aura beau faire : elle ne pourra que faire semblant d’être l’héritière de « L’armée sublime des va-nu-pieds » des guerres de l’Indépendance. Elle est une armée créée au temps de l’occupation américaine pour combattre les Cacos et réprimer les mouvements populaires.

La bourgeoisie haïtienne, si elle existe, ce serait de manière anthologique, en morceaux choisis, en quelque sorte : la bourgeoisie d’État, parasitaire, la « bourgeoisie » duvaliériste, partie prenante de la terreur que fit régner les Duvalier, a freiné les tentatives de certains entrepreneurs de développer quelques secteurs de la vie économique haïtienne. Une bourgeoisie qui n’a jamais été productrice, qui vivait d’import-export, une bourgeoisie rentière…

La hiérarchie de l’Église catholique d’Haïti ne s’est jamais alignée sur des positions nationales. Elle a organisé la répression de la culture haïtienne, sous prétexte d’évangélisation. Comme elle l’a fait partout d’ailleurs. Elle a entrepris des croisades contre le vodou. Elle s’est livrée à une véritable opération de décervelage des citoyens haïtiens, quand elle était étrangère ; quand elle est devenue nationale, elle s’est dressée contre ce que la frange progressiste de son clergé a créé de plus fraternel, la théologie de la libération, qui accorde une oreille attentive aux besoins du petit peuple et lutte pour les combler. Mais derrière les mornes il y a d’autres mornes, disent les paysans haïtiens, et derrière l’Église catholique, il y a pire : c’est, armé des Évangiles porteuses d’amour, d’espoir et de fraternité, que, dans les années quatre-vingt dix, un pasteur protestant a voulu « désacraliser » le Bois Caïman. « Le Bois Caïman fut un pacte diabolique entre Satan et le peuple haïtien. », disait ce pasteur. Imaginez : l’acte fondateur d’Haïti assimilé à un pacte avec le diable ! Les hiérarchies chrétiennes n’ont même pas compris qu’il faut tout changer pour que tout reste pareil.

Mais voilà : nous continuons à regarder le monde non d’après ce que nous voyons, mais d’après ce que nous savons – ou croyons savoir. D’après ce que l’Histoire nous a mis en tête. D’après les histoires qu’on nous a contées. D’après les grilles de lecture qu’on nous a imposées. Ce qui fait qu’il y a un divorce entre le système et le monde.

Nous continuons à croire que l’Armée est grande, que les églises sont charitables, que la bourgeoisie est productrice de richesses.

Cette foi est nécessaire. Elle est l’un des instruments essentiels de cette petite musique de nuit qui assure la cohérence de notre être et sans laquelle nous ne saurions vivre. Oui, cette foi est nécessaire, et l’on sait que la foi, autre mot pour désigner le réel, n’a rien à voir avec la logique…

Les photos que le CIDIHCA propose dans ce chapitre ont été choisies davantage pour leur plus-value métaphorique que pour leur valeur documentaire. Les visages qu’elles présentent appartiennent davantage à des personnages qu’à des personnes. Elles nous apprennent que ce qui est beau n’est pas toujours vrai.


Roland Paret

rolandlapanique@hotmail.com
Paru dans Haiti Tribune 2006

jeudi, novembre 01, 2007

Michèle Montas






ALT="Google" align="absmiddle">







From: edwidgelafleur@hotmail.com
Subject: Michèle Montas: porte-parole du Secrétaire Général de l'ONU
Date: Thu, 25 Oct 2007 09:33:11 +0000





Ban-Ki Moon en compagnie de Michele Montas


Michèle Montas est née en Haïti plus spécifiquement à Port-au-Prince dans une famille bourgeoise composée de trois enfants. Au courant de sa jeunesse, elle se trouva dans l’obligation de fuir le pays (durant le régime de Duvalier) pour se réfugier aux États-Unis où elle obtint une maîtrise en journalisme à l’Université Columbia de New York en 1969.

L’année suivante, elle retourna en Haïti où sa carrière journalistique débuta. Elle fit la connaissance de son futur mari Jean Léopold Dominique, grand journaliste qui critiquait le gouvernement et qui était en charge de Radio Haïti Inter depuis 1968. Cette situation obligea le couple quelques années plus tard à s’exiler à New-York. Ainsi, le 28 novembre 1980, les studios de la radio Haïti Inter furent détruits et toutes les personnes présentes à la station furent arrêtées. Michèle Montas fut emprisonnée (avec d’autres journalistes et activistes des droits humains) et expulsée aux États-Unis seulement avec des vêtements sur le dos.

Pendant cette période, l’époux de la journaliste se trouvait à l’ambassade du Venezuela à Port-au-Prince et avait reçu des menaces de mort. Deux mois plus tard, le couple a été réuni à New York et leur dossier a été immédiatement pris en charge par 'Human Rights First'. Michele Montas et son époux se sont vus accorder l’asile politique aux États-Unis. La journaliste ainsi que son conjoint furent l’un des premiers clients obtenant l’asile politique via 'Human Rights First (1)'. Madame Montas occupa la fonction de journaliste en 1980 pour la radio de l’ONU à New York. Elle fut responsable de la section française de cette radio.








© static.flickr.com

Suite à la chute du régime de Duvalier en 1986, le couple revint en Haïti et exerça ses fonctions journalistiques à Radio Haïti Inter. Le couple dut quitter de nouveau le pays après le coup d’état de 1991 dirigé par le général Raoul Cédras entraînant la chute d’Aristide. Une fois que ce dernier revint au pouvoir avec l’appui du gouvernement Clinton, le couple retourna en Haïti en 1994.

Michele Montas et son conjoint entrèrent en désaccord avec le gouvernement de Jean-Bertrand Aristide et critiquaient le parti Lavalas sur les ondes. Jean Dominique, Directeur à l’information de Radio Haïti, fut tué dans la cour de sa station de radio le 3 avril 2000 par des inconnus. Suite à cet événement, madame Montas se trouva à la direction de Radio Haïti Inter dans la capitale de Port-au-Prince. Elle se lança également dans la lutte contre l’impunité de l’assassinat de son célèbre feu mari.

La veuve fut victime d’une tentative de meurtre contre sa personne le 25 décembre 2002 dans sa résidence. Au cours de l'attaque, l’un de ses gardiens, Maxime Séide perdit la vie. Les journalistes de Radio-Haïti subissaient également des représailles. La station dut fermer ses portes en 2003. Ces faits marquants poussèrent la journaliste à retourner aux Nations Unies. A New York, elle prit le poste de porte parole de Julian Robert Hunte, président de l’Assemblée générale des Nations Unies.



© columbia.edu

De cette façon, monsieur Hunte recherchait en 2003 un(e) journaliste des Antilles possédant une réputation professionnelle internationale et connaissant l’ONU. Dans cette perspective, madame Montas a été embauchée par le biais d’une offre d’emploi formelle. La journaliste fut durant 13 mois la porte parole de la 58ème session et oeuvra auprès de 14 autres professionnels spécialisés dans différents champs : politique, juridique ou économique.

Le 1er janvier 2007 Ban Ki-Moon nouveau secrétaire général des Nations Unies a commencé son mandat de cinq ans. Le dimanche 31 décembre 2006 Ban Ki-Moon nomma madame Montas, journaliste de réputation professionnelle internationale en tant que son porte-parole. Le 1er janvier 2007, elle est officiellement entrée en fonction( 2). Il importe de souligner que madame Montas est devenue la première femme porte-parole officiel d’un secrétaire général depuis la création de l’ONU (3). Michèle Montas a succédé au Français Stéphane Dujarric qui occupait ce poste depuis le mois de juin 2005.





Le fait d’être une femme francophone a joué en sa faveur. Ainsi, le secrétaire général souhaite donner une plus grande place à la francophonie au sein du fonctionnement de l’Organisation. La parité représente également un facteur capital pour Ban Ki-Moon. Pour ce dernier, il importe que les femmes soient positionnées à des rangs de haut niveau aux Nations Unies.

Les fonctions principales de la porte-parole des Nations Unies consistent notamment à assurer une présence médiatique quotidienne et un contact permanent avec Ban Ki-Moon concernant les questions d’ordre international. Madame Montas doit aborder aux côtés du Secrétaire général des dossiers complexes, écouter ses proches collaborateurs, discuter des questions très difficiles et sensibles, examiner le fonctionnement des différents gouvernements du monde.

Elle représente donc une proche collaboratrice du secrétaire général de l’ONU et détient le rôle de rendre accessible aux journalistes l’information sur les crises les plus sensibles dans le monde. Le poste de porte parole du Secrétaire général de l’ONU occupé depuis le 1er janvier 2007 constitue une étape de haute importance dans la carrière de madame Montas. Toutefois pour cette dernière, la lutte demeure la même que cela concerne les plus désavantagés d’Haïti, les réfugiés du Darfour, les personnes occultées et opprimées de la Somalie ou ailleurs dans le monde.

Notes :

(1) Pendant plus de 25 ans, cet organisme a aidé des milliers de personnes fuyant la persécution.

(2) Le 1er janvier représente une date de haute importance pour Haïti et le peuple noir. Ainsi, le 1er janvier 1804, l’île de Saint-Domingue (ancien nom d’Haïti) est devenue indépendante et cette ancienne colonie française devint le premier État noir des temps modernes ainsi que le deuxième État indépendant des Amériques suite aux États-Unis.

(3) Ban Ki-Moon a succédé au deuxième mandat quinquennal de l’ancien chef ghanéen de la plus importante organisation mondiale, Kofi Annan. Ki-Moon a nommé l’Indien Vijay Nambiar au poste de chef de son cabinet

(4) plus précisément durant deux exils de 1981 à 1987 et pendant le coup d’état de 1991








Formations et Occupations :

- Madame Montas a gradué à l’université du Maine en journalisme et elle est détentrice d’une maîtrise en journalisme de l’Université de Columbia à New York en 1969.
- Michèle Montas a débuté sa carrière en tant que journaliste à Port-au-Prince pour Le Nouvelliste. Plus tard, elle a ¦uvré en tant qu’éditrice en chef pour le magazine culturel Conjonction.
- De 1970 à 1980, elle fut journaliste sur les ondes de radio Haïti Inter, l’unique radio libre du pays. Elle occupa la fonction de présentatrice du journal de 7 heures et quelques années plus tard elle devint directrice de cette radio (en 2000).
- Au début des années 80, elle travailla dans la section française de la Radio des Nations Unies en tant que présentatrice durant son exil à New York.
- La journaliste fut fonctionnaire à l’ONU au Cabinet de M. Hunte durant 10 ans4. Au courant des années 90 jusqu’au 31 décembre 2006, elle occupa la fonction de rédactrice en chef de l’unité francophone de la radio de l’ONU. Au sein de ce poste, elle continua son combat en faveur de la liberté d’expression.
- En 2003, Michèle Montas devint porte-parole de l’Assemblée générale de l’ONU.
- Le 1er janvier 2007, elle fut nommée porte-parole du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, le Sud-Koréen.

Récompense :

-Prix Reporters sans frontières – Fondation France, 2002. Ce prix honore un(e) journaliste qui a fait preuve d’une liberté d’information via son activité professionnelle, ses prises de position ou sa contenance


Documentaire connexe:

€L’Agronome (2004), un film documentaire de Jonathan Demme avec la collaboration du feu Jean Dominique. On y fait le portrait du journaliste ainsi que de sa femme Michèle Montas qui donnent leur point de vue sur les nombreux combats d’Haïti et des violations des droits humains. The Agronomist constitue le titre original de la version anglaise.

Edwidge-

lundi, octobre 29, 2007

Le goût du corossol (extrait)

Le goût du Corossol

Roman de Jancy Bolté

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Comment des êtres si semblables puissent s’avérer si différents du jour au lendemain. Un couple ayant vécu une passion de haute intensité se retrouve des étrangers, l’un pour l’autre. On ne mélange pas la papaye verte et le corossol devenu mure.

Le pinceau a la main, il ne semblait pas se décider ni sur le choix des couleurs ni sur la géométrie du tableau. Figé comme devant une page blanche. Il régnait un silence de mort dans l’appartement. Une éternité s’était écoulée. Il essuyait les pinceaux avec un bout de tissu imbibé de solvant, les mis à sécher, recula pour regarder la toile, elle était inerte.

Il ne voulait pas se l’avouer. Il désirait la quitter. Il devait lui parler à la franche marguerite, sincèrement, en quatre yeux, sans rire. En même temps il avait peur. Pour elle et pour lui-même. Après tant d’années, une dépendance affective incontestable s’était installée comme un colimaçon doucement enroulé sous sa coquille. Dire sans médire, sans faire mal. Sans cris, sans pleurs, sans grincement de dents, le parfait divorce. La voluptueuse rupture. L’amiable. Rester amis sans y croire vraiment. Faire semblant ! Ne rien faire du tout. Laisser faire, attendre, lui laisser le dernier mot, la décision de la rupture finale. Pouvoir partir sans culpabilité aucune. Ce n’était qu’une question de temps !







Il ferait un dernier portrait d’elle, à l’huile, habillée de bleu céruléen, sa robe préférée en organdi. Au nom d’un amour qui n’était plus ce qu’il avait été. Avec un bibi fleuri comme celui qu’elle portait l’été qu’ils avaient passé dans l’île, insouciants, s’aimant passionnément, à la folie, éperdument. Les yeux dans les yeux tout le temps.

Ressentir tout cela dans son être sans que le cœur aucunement ne s’alarme.

Animus, anima. Ma mie, mon esprit, mon âme, amen, je t’aime, je t’aimerai toujours.

Fasciné par ses seins lourds comme des corossols, ses hanches de femmes comme peintes par Artémise, son sexe nu et gonflé sous sa robe bleue. Son nombril, sa peau cuivrée, ses sourcils épais, agressifs à souhait. Assoiffés de sexe, ils le faisaient partout. Derrière les rochers à l’abri des regards indiscrets, dans l’eau qui les caressait, rythmant leurs secousses. Dans la chambre de la petite auberge, aux murs tapissés de lilas, ils essayaient tout ce qui leur traversait l’esprit, dans un lit grinçant au moindre mouvement. Ils restaient inertes, essayant de ne pas faire de bruit comme deux adolescents qui entendent la porte du garage s’ouvrir à la commande du sésame électronique et laisser le passage à la voiture des parents qui entrent dans le garage comme un chien qui entre dans sa niche.

Les flâneries au bord de l’eau ou elle ramassait des coquillages et lui qui lançait des galets qui surfaient au-dessus du reflux des vagues à marée basse. Il comptait, un, deux, trois, quatre et criait cinq, six…oh !ah ! Il levait les bras en l’air et finissait par un ouais retentissant comme s’il venait de gagner la coupe du monde. Elle riait à gorge déployée de le voir s’amuser comme un gamin, tel que son père lui avait appris étant enfant. Ah ! Qu’ils étaient loin ces galets, cela et ceux de son enfance avec son père !





Il l’aimait au passé, et cela, c’était l’imparfait au présent. Il l’aimait sans l’aimer et il savait qu’il la quitterait sans la quitter. Il perdrait une partie de lui-même. Mais ce temps d’aimer était révolu.

Elle le savait et c’est pour cela qu’elle était sous thymoanaleptique qui lui donnait des moments d’absence tel qu’on avait l’impression pendant quelques secondes qu’elle n’était plus là.

Et lui flirtant de plus en plus avec l’alcool, tellement qu’il finissait par s’y croire marier tout de bon.

Elle, Sarah savait ce que sa réserve, son attitude, ses silences cachaient. Tous ces mystères, tous ces secrets, ces non-dits, ces sous-entendus, ces dislocations abruptes de phrases, ces regards furtifs, dissimulés, tout ce qu’ils ne disaient pas ou plus. C’était ça qui l’enquiquinait. Pas la jalousie. Mais tous ces tabous impalpables. Elle le savait ! Il le savait !


Ce que lui ne savait pas c’était qu’elle se faisait une carapace et s’apprêtait à le laisser. Pas pour un autre homme, ni pour une femme mais pour être seule avec elle-même ! Lui qui tâtait de tous les chiffons, il n’en reviendrait pas qu’on le quitte pour être avec soi !

Pourtant elle l’aimait encore. Pourquoi ces sentiments et sensations ambiguës, ambivalentes, désespérantes, exténuantes. Le dicton souffle à l’oreille des femmes, qu’une femme n’est pas une femme si elle n’a pas donné la vie, naissance à un être. Ce que le dicton ne disait pas c’était ceci « Qu’est-ce qu’une femme qui a avorté à cinq mois et demi ? ».







De bière en vin dans les cafés, j’apprivoise des sommes de rien que je justifie, croyant bien faire, en additionnant les rencontres, les vagues palabres, âmes des relations humaines, voulant faire le bilan de quelque chose qui pourrait bien être la vie d’une ombre qui cherche la lumière. La grisaille s’installe, le ciel dessus dessous tel un saule pleureur larmoie encore un peu, et moi tout autant. L’été passe mouillé et frais, trop frais.

Une lumière somme toute diaphane, distillée tel un rhum ambré et tamisé comme sous des tissus, ou une fumerie d’opium dans l’Indochine française, que certains appelaient le temps béni des colonies.

Sarah a dit ce qu’elle avait à dire, son angoisse, son insécurité, son blues et moi je multiplie les amantes au fond de leurs lits comme au creux de mon épaule pour m’apercevoir enfin, qu’il n’y a que cela pour répondre de mes actes de vie.

Je pourrais être assis en lotus dans un ashram en train de méditer et me sentir très bien ou être étendu sur une plage à Bali entrain de me faire dorer le lard, me faire bronzer gentiment sans faire de vagues, dormir à la belle étoile et regarder Jupiter et Saturne se faire de l’œil pendant que la lune est en scorpion, mais malheureusement ce n’est pas le cas, je suis ici, fauché, vrai religion de l’indigence, la misère noire.

Il ne fait pas beau, l’été n’a pas vraiment eu lieu, sûrement du à l’influence du volcan des Philippines, ou quelque autre phénomène cyclothymique du climat ou le réchauffement de la planète. La fonte des grands glaciers, le pôle nord coulant vers le sud.

Je n’ai pas de travail sauf un petit contrat somme toute, alimentaire. J’attends de recevoir l’Assurance sociale, l’aide de dernier recours car je ne suis pas éligible au chômage, le nombre de semaines d’éligibilité vient d’augmenter. Je suis toujours en retard d’un métro ou deux.



Ah ! L’imaginaire se perd ! Et il ne suffit pas de penser être à Jacmel pour y être, à part Renée Depestre qui vit en France et écrit en zombie à Jacmel, ou Anne Hébert en France écrivant en manitou sur le Québec. Être ici pour être ailleurs. Pourquoi pas ? Est-ce défendu ? Eloge de la fuite, de l’évasion !

Oui, il y a un fruit défendu, mais quel est-il ? Il y en a plusieurs qui ne le sont pas. Mais le fruit défendu, c’est la pensée, fruit de l’esprit. C’est pour cela qu’il y a le diable.

Dans ses chimères la blonde était devenue une chinoise. Elle s’appelait Yuan comme la monnaie. Je pense à vous lorsque je me masturbe. Que je pense à votre sexe gonflé sous votre jeans et que vous me parler de votre mari en Chine. M’aimez-vous ? Suis-je un passeport pour la luxure ?

-Gabriel, réveille toi.
-Je ne veux pas répondre. Mais je finirai bien par le faire.
-Sarah, je ne dors pas... je réfléchis.
-À tes péchés je suppose, ou était tu hier soir jusqu’aux petites heures du matin. Je ne peux plus…Elle s’arrêta net, sachant quelle regretterait ces quelques paroles misérables mais vraies et qu’elle finirait par se sentir coupable, pour rien, pour des prunes, des peccadilles. Car diable, elle n’avait rien de rien à se reprocher. Merde et Merde. Elle ne dit rien et s’en alla vers la cour arrière, remarqua un chat tigré gris, trottinant en équilibriste sur la clôture de bois. Le chat s’arrêta, tourna la tête et la regarda longuement dans les yeux avant de poursuivre délicatement sa route. C’était un signe, elle aussi était en équilibre ou plutôt en équilibre sur une détresse. Elle resta songeuse, un nuage cacha un moment le soleil. Elle ne se décidait pas à rentrer.






Pour tout travail créatif, des rencontres fortuites, des corps et des âmes douces, tendres, rugueuses, qui mortifie ou qui laisse vide. La vie multiple sous ses parures illusoires me propose des dégradés de gris, des solutions sans fin, voguant perpétuellement vers d’autres dénouements, toujours, car il n’y a pas de problèmes n’est-ce pas ! Que des solutions ! Enfin c’est ce qu’il faut se dire. Sagesse de la pensée positive.

En moins de soixante mots, Gabriel venait de faire son autocritique, son aveu. Il pouvait se lever et allé se doucher. Se couper les ongles de pieds, se tailler sa petite moustache de dragueur,

Encore couché mon salaud. C’est tout ce que tu sais faire, te vautrer dans un lit, dans un être, dans ta vie de fantasmes. Recommence à dessiner, à peindre. Prends ma caméra, fais des photos.

Elle n’attend pas de réponse, elle ne fait que passer, porter du linge de la chambre à la machine à laver. Une ombre. Je l’entends et je ne la vois pas ou plutôt je la vois mais je ne l’entends pas.

-Gabriel, peux-tu m’apporter le savon….le savon liquide. Rends toi utile, c’est encore moi qui lave tes chaussettes et tes caleçons qui sentent encore les femmes en rut. Je ne suis pas ta mère encore moins ta femme de ménage. Enfin, je ne suis pas ta servante, ni ta domestique.

Elle n’avait pas besoin d’en ajouter autant !

Elle me tire de mes souvenirs d’enfance, à un goût de corossol, comme les madeleines de Proust, ou le goût de la papaye verte. Le goût du corossol qui me faisait songer à ma grand-mère. Je me lève, je me dirige vers l’armoire à savon, mais ma rêverie continue. Je me revois avec mes cinq petits cousins et cousines dans un grand jacuzzi pour faire bain baim avec ma grand-mère nue qui nous frottait des pieds à la tête.

Tout d’un coup de but en blanc le plus jeune de mes cousins les yeux écarquillés et fixés sur les seins volumineux de grand-mère lui demande qu’est-ce que c’est çà en pointant du doigt et elle de répondre : Ça se sont mes deux corossols pour faire boubouille pour Papa Lou. A l’époque, je n’avais rien compris. Un vrai charabia ! Aujourd’hui c’était non seulement clair, mais un nectar de ravissement. Mamie avait de ces expressions tirées en droite ligne de ses ancêtres créoles. Des gènes jouissifs.

Je n’avais même pas cinq ans. En y pensant, j’avais le sourire aux lèvres lorsque Sarah brama son ordre de nouveau. Le ton venait de faire la chanson, je failli figer sur place. En lieu et place je me précipité vers le vieux bahut fait par un artisan de l’époque que l’on avait acheté ensemble, sablé tous les deux et que j’avais vernis dans un vert teinté de gris pour faire antique. On pouvait dire que c’était réussi car un antiquaire de nos connaissances l’avait évalué à plus de quinze cent dollars. Il avait même offert de nous l’acheter. On avait refusé. On se croyait en possession d’un trésor inestimable d’ébénisterie valant une vraie fortune. Ce que l’on avait été heureux le jour de cet achat. On avait mis de la musique, dansée autour du meuble. Allumé des bougies. Heureux en pensée dans le passé. Imparfait au présent. Cela devenait une vraie rengaine. Une marotte obsessionnelle.

Il y a des prénoms et des noms communs que je peux plus supporter d’entendre, Gabriel, Sarah, le savon liquide, en poudre, en pastille, le savon tout court. Décidément, pour avoir des réflexions pareilles, je ne suis pas dans mon assiette.


Le savon en main, je décide de le lui apporter et puis volte face, je change d’idée. Femme esclave, docile, soumise. C’est elle qui fait tout, à ce qu’elle dit. Enfin de compte, c’est elle qui gagne le pain quotidien ! Le pain, le vin, le bifteck, les pantalons en suède, le manteau d’hiver avec capuchon en fourrure et tutti quanti. Elle me laissera, je la laisserai, on se laissera, tout passe, tout lasse et tout casse.







Fichtre, certains étaient passés par là avant nous. Tous ces adages, tous ces dictons, toutes ces anecdotes, toutes ces théories, des marottes monomaniaques, pour deux personnes qui n’arrivaient plus à communiquer, à s’aimer.



Les féministes militantes se mettent au rancart. Du moins c’est ce que pensent les hommes. Ils n’ont pas fait de progrès au masculin. Au contraire ils se sont relâchés, comme dirait Sarah. Ils ont arrêté de faire leur part, enfin pour ceux qui avaient commencé. Ils ont cessé de penser aux femmes, pour et avec les femmes à moins d’être terriblement amoureux comme au début d’une relation. Ce sont des pensées que les mâles gardaient pour soi. Sinon ils se feraient mettre au pilori, la bouche à peine ouverte. Car ils y avaient des femmes qui souriaient tout le temps étaient d’une gentillesse et délicatesse hors de l’ordinaire, mais elles avaient des dents de requins, n’en pensaient pas moins et quand elles faisaient pleuvoir des coups, on ne savait pas d’où cela venait. Alors ! Les gars se la bouclaient. Un point c’est tout. Sauf entre eux ! Bien sur !


Non sans blagues, les féministes n’inquiètent plus les hommes, qu’ils soient machos, homme bleu ou rose. Comme le homard dont la pince coupée repousse, l’homme castré a fait repousser son phallus et retrouvé sa faconde de Neandertal. En gros il ne fait plus sa part, sauf les poubelles, le gazon lorsqu’il y en a et bien sur la voiture.

La lecture du soir aux enfants redevient le lot de la mère féministe, qui n’a pas le choix devant les tonnes de bière ingurgité chaque soir par le mari pas tout à fait homo sapiens.










Le 21ème siècle ne présage rien de bon. L’Amérique omniprésente partout, chien de garde du monde, les guerres. Le terrorisme international. L’inflation comme une phtisie galopante. Le prix de l’essence. Les catastrophes naturelles, ouragans, cyclones, tempêtes tropicales, volcans, séismes, tremblements de terre. L’apocalypse n’est pas une fin en soi. C’est une affaire permanente. L’enfer sur terre. C’était le genre de réflexion que Weber leur inculquait quand il était encore professeur à l’Université.

Ensuite il s’arrêtait net, faisait quelques pas vers la droite, tournait sur lui-même, faisait quelques pas sur la gauche, s’arrêtait pile poil et s’esclaffait d’un rire tonitruant et sonore qu’il avait du copier en écoutant Jacques Languirand languir à la radio. Il y avait toujours une ou deux filles portant les deux mains à la bouche pour retenir un haut cri qui finissait par fuser.

De son air le plus sérieux il regagnait son bureau et semblait méditer. Moi je me disais, il gagne du temps, son éclair de génie ayant fait mouche, il attend visiblement la fin du cours. Et comme par miracle la cloche retentissait. Il se levait, personne n’osait bouger avant qu’il ne se lève, après tout on n’était pas à la petite école. Une fois levé il donnait ses directives pour le cours suivant.

Certains, surtout les filles prenaient des notes, les autres s’évaporaient comptant comme toujours sur les filles pour les devoirs à rendre. Gabriel avait Sarah qui suivait les mêmes cours que lui. Mais à la deuxième session de la première année, elle choisit de devenir vétérinaire. Allez savoir pourquoi, elle n’avait même pas de chat. Un changement en entraîne souvent un autre et Gabriel faillit s’inscrire en sexologie. Il jongla avec l’idée pendant toute une session et finalement resta en Philosophie. C’était noble, mais si on ne se dégotait pas un poste de professeur… l’avenir pourrait devenir glauque, a moins bien sur d’avoir le talent de l’écrit et la chance de publier. Et puis ni le sexe, ni la science du sexe a cette époque ne l’obsédait comme aujourd’hui.

-Gabriel tu ne pourrais pas te lever et m’apporter le savon.
Il était figé devant le meuble. La main sur la bouteille de plastique pris dans ce dédale de pensées hétéroclites. En fait, je rêvais…je lui écrivais un mot mentalement, je me le répétais, je lui disais…

- C'est biblique, Sarah, Rébecca... Esther. Tu es sûr que tu ne pas oublié.

Artémis a peint la femme comme elle est, pli, replis, bourrelets, poignées d'amour, culotte de cheval, mais avec la grâce de la Sylphide de Timothée.

Et toi, comment te sens tu. Tu accumules toujours les âmes vagues des hommes. Vulves, pénis, baises, un an, un contrat, ristourne et bakchich. Moi y compris !

Faisant partie du lot ! Et de la dote, en prime. Un pubis rouge et frisé, St Armand, des fesses rondes accotées à une fenêtre pendant qu'un faon traverse la clairière. Qu'il était doux ton sexe, qu’il était beau ce cerf de virginie. Tu as oublié, je le savais!
Il rêvait à elle et lui parlait dans son rêve. Il avait trompé Sarah

-Gabriel le savon et la grande serviette verte pendant que tu y est.

-À contre cœur, je me bouge sort de ma torpeur, je prends le savon, je le lui apporte, je le lui tends et je la regarde un instant, ses seins, son visage de profil, elle tend la main sans me regarder, j’en profite pour la détailler un peu plus. Pendant une seconde, je la trouve belle, mais je sais que cela ne durera pas plus longtemps. Je prends la porte en même temps.



-Bon, qu’est-ce que j’ai encore dit, qu’est-ce que j’ai fait ou vas-tu ? Tête de cochon, malandrin.









Je l’entends crier, glapir presque. Je n'ai plus envie d’écouter certaines femmes nous dirent comment elles sont, leurs revendications, leur père macho, parfois violeur qui disaient à leurs enfants de comprendre les frères et curés qui étaient si esseulés parce qu’ils avaient essayé de vous touché la queue. Les pères machos, C’étaient le lot de tous, garçons et filles. Un problème de société, une tare de civilisation qu’ici on a finit par appeler les enfants de D… comme si D.. lui aussi ne l’avait pas eu dans le C…Sans jeux de mots, cela ne signifie pas disque compact.

On n’a plus l’impression de vivre dans l’abondance, le rêve américain disparu! Écran plat, Ipod, MP3, il y a autre chose qui se passe, mais on ne sait pas très bien quoi ! Si j’avions su, je n’aurions pas venu ! Mais puisque je suis là, faisons avec. A mal tiempo, buen caro.

Elle continue à vociférer, mais je suis déjà trop loin, sur le trottoir d’en face. Si j’avais su ou j’allais, je lui aurais peut-être répondu. Décidément, je ne suis pas dans mon bol de thé. De toutes les façons je suis sorti, donc je sors. À gauche, rue du Manoir, cent pas, je les ai comptés, à droite rue du Centre, là je ne compte plus les pas, c’est trop long. Ensuite encore à droite rue Principale, la rue de toutes les boutiques, le vieux cimetière, l’église et tout au bout le vieux cinéma des années vingt et les nombreux petits bars. Bar à vin, bar à bière, bar à cidre et whisky bar. Par ici, on finit toujours dans un café ou dans un bar. En fin de compte je finis toujours dans un …Ah ! Lala !


Les Musées, les galeries d’art, les expositions sont bonnes pour les vieux de cinquante ans en montant. Sauf qu’à vingt ans lorsque je découvrais l’histoire de l’art avec une prof superbe, lesbienne qui avait dragué Sarah et essayé de me casser les couilles en classe, mes notes s’en étaient ressenties.





De toutes les façons impossibles de traîner longtemps dans les rues, il y a un crachin, une espèce de bruine qui annonce bourrasque et averse, fruit des ouragans tropicaux qui ravage les Caraïbes et le sud-est des États Unis et qui vient mourir ici en déversant des tonnes d’eau et des vents si puissants qu’ils déracinent les arbres. Non par un temps pareil, mieux vaut se mettre à carreaux.

Le bar de l’amitié fera l’affaire. Un vieux bar des années trente, du style rococo. On a ses habitudes que voulez-vous ! Du coq à l’âne, je passe à coco fesses des Seychelles. Dieu seul sait comment me viennent de telles comparaisons. Solo Dios.
Et de Dios, je passe à Dyonisos.

Malheureusement à cette heure-ci il n’y a personne, aucune âme qui vive sauf la vielle barmaid de jour qui a une mine si rébarbative qu’il faut déjà être fin saoul pour lui commander quelque chose. Foin, je ressors. Éloge de la fuite. Mais je fuis quoi, comment et pourquoi ? Au juste quoi ? Je me fuis moi-même, je ne peins plus, je ne peine plus, non plus. Que faire disait Lénine ! Passer la main à Staline, pardi la voilà la réponse, il n’avait pas besoin de faire tout ce tintamarre et d’écrire tout un livre. N’est-ce pas !

Maintenant que je suis dans la rue, je voudrais être à la campagne près d’un bon feu de foyer. C’est à cause de la pluie qui commence à forcir. Bientôt il cognera des clous. La campagne, je suis toujours ailleurs. En rêverie.

-Tu es un rêveur, retourne voir ton psychiatre, bipolaire, maniaco- dépressif, névrose caractérielle, drogué et alcoolique me dit Sarah.

Bon d’accord, dans ma vie j’avais fais deux séjours en psychiatrie. Mais bon ce n’était pas une raison pour me stigmatiser, culpabiliser, traumatiser.

Qu’est-ce qu’elle veut, mon ailleurs avant que j’en prenne conscience moi-même. Dépendante affective de niveau 3, dirais sa psychiatre !

Je suis un artiste moi. J’ai plus de cinq cents dessins dans mes cartons. Disons que j’ai trois périodes et trente chefs d’œuvre. Modeste, non ! Enfin, la modestie comme le bon sens sont les choses les mieux partagées du monde. A l’inverse du crédit. Un homme riche disait sans rire que la misère était contagieuse. Je me mis à rire secrètement, je venais de songer a cette histoire d’un vieil homme qui avait fait fortune dans une petite ville minière et que l’on avait invite a donner une conférence a l’Université. Il avait narré son périple dans la vie active en disant que lorsqu’il était arrive ici, il n’avait qu’un costume retaillé dans celui de son père, une paire de soulier troué et un sac de papier brun. Apres maintes tribulations il était devenu riche et célèbre. Les étudiants étaient enthousiasme et était repartis de la conférence ragaillardies et plein d’espoir dans l’avenir. Mais voila qu’un étudiant reste songeur s’approcha de lui se présenta et lui demanda sans détour ce qu’il y avait dans son sac. Hésitant, il fit une pose et répondit sans détour, $20.000.

Il me fallut arrêter de rire car les gens souriaient en me regardant rire sous la pluie qui prenait de l’ampleur.

Après plusieurs demandes de subventions pour encadrer mes croûtes et les présenter aux galeristes, j’ai lâché prise, maintenant je dessine cycliquement. Surtout du pastel. J’aime ce matériau.

Comme je ne trouvais pas de travail, j’aurais pu me recycler. A trente ans c’est jouable. Retourner à l’Université en Nouvelles Technologies, au HEC.
Mais je ne peux pas, je ne veux pas, ce n’est pas ce qui m’intéresse dans le fond, ce n’est pas la bonne chose à faire. Ma foi je suis sûrement l’artisan de mon propre malheur et désarroi.

Comme la pluie ne désarme pas et que je suis de plus en plus mouillé, je pénètre dans un Dollarama et je m’achète un petit parapluie noir qui se déploie quand même assez bien mais qui ne tiendra pas la route lors des grandes bourrasques.

Dans la rue de jeunes gens m’accoste pour me demander l’heure. J’ai presque peur ayant été surpris.

-Hé ! , Monsieur avez-vous l’heure.
-Non, malheureusement je n’ai pas de montre
-Ah ! Ah ! Ah ! Non je n’ai pas de montre Ah ! Ah ! Ah !

Ça y est, les gamins se moquent de moi, de mon accent, de mon parler, de ma
parlure dirais-je.
-Êtes-vous Français, Monsieur, Môsieu.
Je ne réponds pas, c’est trop compliqué, trop ethnique, un mot tellement galvaudé qu’on se demande qui est qui « who’s who ». De toute façon, je l’ai tellement raconté celle-là, que je me demande si c’est vrai, si cela a du sens de toutes les façons. Ethnicité, multiculturalisme, diversité ethnoculturelle, minorité visible, je n’en peux plus de toutes ces oraisons. Les lamentations de toute une société borgne, reine des aveugles. Je poursuis mon chemin sous la pluie, enfin sous mon parapluie sans me retourner pendants que les enfants ruisselants de pluie rigolent toujours.












Google







vendredi, octobre 26, 2007

Sara Rénélik

Sara Rénélik nominée auCanadian Folk Music AwardspourMeilleur artiste solo Musique WorldVisitez le site au:la au: http://www.myspace.com/sararenelikEncouragez nos artistes!!!Agape Musiquesaraweb@hotmail.com




Google